7 Juin,2026



8 Mars,2026
Après les premières explications de ma maman, je suis restée silencieuse pendant un moment.
Elle venait de me dire quelque chose qui, pour elle, semblait simple et normal : ce que je vivais allait désormais se répéter chaque mois.
Pour elle, c’était une étape normale dans la vie d’une fille.
Elle m’expliquait comment utiliser les produits hygiéniques, comment me changer, comment faire attention à moi. Elle me donnait aussi ces conseils que beaucoup de mères donnent à leurs filles à ce moment-là :
faire attention aux garçons, bien se comporter, comprendre que j’étais maintenant une jeune fille.
Mais moi, dans ma tête d’enfant de douze ans, je n’entendais presque plus tout cela.
Je pensais seulement à la douleur.
Je venais de passer des heures à me tordre de douleur. Mon ventre me faisait tellement mal que j’avais l’impression que quelque chose à l’intérieur de moi était en train de se déchirer.
Alors, quand ma maman m’a dit :
« Les douleurs, c’est normal. Moi aussi j’avais mal. Tes sœurs aussi ont mal. »
Je me souviens avoir ressenti un mélange de confusion et de révolte.
Je lui ai dit :
« Mais maman… moi j’ai trop mal. Pourquoi je dois souffrir comme ça ? »
Elle m’a regardée avec douceur, mais aussi avec cette assurance que beaucoup de femmes ont quand elles parlent de ces choses-là.
Elle m’a répondu :
« C’est parce que tu es une femme. Et si tu n’as pas tes règles, tu ne pourras pas avoir d’enfants plus tard. »
Dans mon esprit d’enfant, j’ai essayé de comprendre cette logique.
Donc, si je comprenais bien… je devais supporter ces douleurs terribles pour pouvoir, un jour, avoir des enfants.
Alors je lui ai répondu presque instinctivement :
« Alors moi, je ne veux pas d’enfants. Parce que je souffre trop. »
Ma maman a immédiatement réagi.
Elle m’a dit presque choquée :
« Mais qu’est-ce que tu racontes ? Ne dis jamais ça ! »
Pour elle, cette phrase n’avait pas de sens. Dans beaucoup de cultures, dire qu’on ne veut pas d’enfants est presque impensable, surtout pour une petite fille.
Alors j’ai baissé la tête.
Je lui ai dit :
« D’accord… je retire ce que j’ai dit. »
Mais au fond de moi, la seule chose qui occupait mes pensées était simple :
La douleur.
Au moment où nous parlions, la douleur avait un peu diminué. Ce n’était pas totalement parti, mais c’était moins violent que quelques heures auparavant.
Nous avons continué à discuter un peu.
Je me souviens que mes sœurs ont aussi participé à la conversation. Elles m’ont donné quelques conseils : comment se changer, comment faire attention à ses vêtements, comment gérer quand on est à l’école.
La journée s’est finalement terminée dans un calme étrange.
Extérieurement, tout semblait normal. La maison avait repris son rythme habituel. Mais à l’intérieur de moi, quelque chose avait profondément changé. J’avais compris que mon corps venait d’entrer dans une nouvelle étape, une étape dont je ne maîtrisais ni les règles, ni les douleurs.
Ce premier jour s’est terminé ainsi.
Un jour que je pourrais presque appeler le “Big Bang” de ma vie de jeune fille. Le moment où tout a commencé.
Je ne me souviens plus exactement de ce qui s’est passé le lendemain. Je ne me rappelle pas combien de jours ces premières règles ont duré. Je ne me souviens pas non plus des petits détails de cette période.
Mais une chose est restée très claire dans ma mémoire :
À partir de ce moment-là, mes règles sont revenues chaque mois.
Je ne me souviens pas d’avoir sauté des cycles. Elles revenaient, fidèles au rendez-vous, comme un rappel permanent de ce que mon corps était devenu.
Et avec elles… revenaient aussi les douleurs.
Rendez-vous demain pour la suite.
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