7 Juin,2026



10 Mars,2026
Les années qui ont suivi ont été un long chemin d'apprentissage. J’ai appris à vivre avec cette douleur, à l’accepter, et à comprendre que même si chaque mois, je traversais ces moments difficiles, il y avait aussi d’autres jours où je me réveillais pleine d’énergie.
Oui, il y avait des jours où je sautais, où je riais, entourée de ma famille aimante.
J’ai grandi dans une maison stable, avec un père et une mère, et malgré les douleurs, je ressentais l’amour autour de moi. Ce cadre familial m’a permis de survivre à ces moments de solitude, même si je ne parlais pas beaucoup de mes douleurs.
Ce qui est frappant, c’est qu’en grandissant, certains souvenirs sont restés gravés, comme des anecdotes qui, aujourd’hui, illuminent ces années.
Je me souviens, autour de mes douze ans, je venais à peine d’avoir mes règles. C’était encore un sujet tabou, surtout entre nous, les filles de la classe. On en parlait, mais un peu à demi-mot. On imaginait, on se disait : « Ah, ma sœur a eu ses règles, ma cousine aussi, alors un jour, ce sera notre tour. » Et puis, quand ça m’est arrivé, j’ai été l’une des premières de ma classe. Et là, j’ai raconté à mes amies, je leur ai dit : « Oui, j’ai eu mes règles. Ça fait mal. » Elles m’ont écoutée, et c’était un soutien qu’on n’avait jamais vraiment osé se donner avant.
Je me souviens une fois pendant mes règles (c'était le dernier jour des règles, donc ça ne collait plus beaucoup et je n'avais pas de douleur), je jouais en sautant à la corde et courais partout à l'école et une amie m'avait interpellé en disant : tu saute comme ça pendant les règles ? C'est pas bien ! Ma mère aussi m'avait vu jouais ce jour-là. Une fois à la maison, elle m'a interpellé en disant que le fait courir et sauter peut augmenter l'écoulement.
Petit à petit, j’ai accepté cette réalité. Il y avait des moments où ça allait, où je jouais, où je courais avec mes amis, mais quand ça allait mal, eh bien, je restais silencieuse, je restais discrète.
J’ai appris à encaisser. Je ne parlais pas beaucoup de mes douleurs, car on me répétait souvent : « C’est normal, supporte. » Mais lorsque ça devenait vraiment handicapant, surtout lorsque les douleurs de la hanche s’ajoutaient, là, je n’avais plus le choix. Je devais parler, je devais demander de l’aide.
Et c’est ainsi que, vers mes treize ans, les douleurs de la hanche ont recommencé à s’intensifier. Comme si les règles venaient amplifier ce mal ancien. Je me souviens de ces journées insupportables. Alors, on a consulté un orthopédiste. Il a décidé de me mettre un plâtre, pour stabiliser la hanche, car l’infection risquait de s’aggraver. Pendant plusieurs mois, j’ai dû arrêter l’école. Je ne saurais plus dire combien de temps exactement, mais je sais que c’était entre trois et cinq mois. Une période qui a bouleversé mon année scolaire, mais que j’ai malgré tout rattrapée par la suite.
Le plâtre a été retiré, mais la douleur n’a pas disparu. Elle s’est atténuée légèrement, mais elle est restée.
Quand j'ai repris l'école, les douleurs se sont fait discrètes pendant un temps, mais elles n'ont jamais vraiment disparu. Chaque étape de mon adolescence, chaque année, était marquée par ces douleurs lancinantes de la hanche, qui revenaient à chaque cycle menstruel. Je me souviens de mes quatorze, quinze ans, où chaque matin, je devais décider si j’allais réussir à marcher jusqu’à l’école ou si je devais rester couchée.
Et puis, à dix-sept ans, tout a repris de plus belle. La hanche, qui avait été calmée par le plâtre, s’est rebellée. Les douleurs sont revenues, plus fortes, plus insupportables. À ce moment-là, Mon père, inquiet de me voir souffrir, a commencé à chercher des solutions. Nous avons consulté plusieurs médecins, et c’est alors qu’on a évoqué la chirurgie.
À dix-huit ans, on a décidé, après des examens, qu’il fallait envisager un remplacement de la hanche. Mais ça, ce sera le sujet du récit 5, là où je vous raconterai cette étape décisive, cette chirurgie qui a bouleversé encore plus mon parcours.
#mymenstrualbattle #moncombatmenstruel
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